Alexandre Astier a rencontré le site Cinéma France pour une interview à l'occasion de la sortie du Livre VI de Kaamelott. Il s'y entretient longuement sur l'évolution de la série, depuis le court-métrage jusqu'aux prochains films. Et en filigrane, il décrit l'importance des histoires dans ce qu'il fait, et révèle écrire un film dans lequel le héros rencontre la bête du Gévaudan. Il avait déjà parlé de cette envie d'adapter le mythe dans le magazine Geek. Peut-être est-ce ce film d'époque qu'il confirmait écrire il y a 10 jours.

Voici quelques extraits de l'interview intégrale :

Vous dites que vous avez épuisé le format télé, donc on imagine forcément que la prochaine étape de Kaamelott, c'est le cinéma.
C'est prévu, simplement c'est encore une autre forme. En deux heures une épopée doit être bouclée donc je sais ce qui s'y passe dans ce truc-là, mais il y a pas… (il hésite et reprend) c'est encore une autre transformation. Je pense que quoi qu'il en soit, il y aura des gens qui seront déstabilisés par le film comme certains ont été déstabilisés par les saisons 5 et 6, par le changement de format, par le changement de ton, par tout. Il faut évidemment s'attendre à voir Kaamelott comme on ne l'a jamais encore vu. Probablement plus épique, plus riche et plus « punch » aussi. Des évènements seront ramassés en moins de temps mais c'est encore une autre forme.

Vous parlez de l'héritage anglais (donc on pense forcément aux Monty Pythons), vous évoquiez aussi Michel Audiard…. Quelles ont été vos autres influences sur Kaamelott ?
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Star Wars dans la volonté de faire une grande quête, et de mêler à l'humour quelque chose de très sérieux sur la paternité, le don, la noblesse ; la chevalerie. Qu'est ce que c'est qu'un Jedi sinon un chevalier. C'est directement tiré des notions de la chevalerie. Donc c'est un grand mélange… Comme tous les geeks qui ont tendance à être pluriculturels : ils aiment Goldorak, Spider-Man… Et puis dans Kaamelott il y a un peu tout ça et probablement dans tout ce que je ferais, d'une manière ou d'une autre, avec un côté bien français. Je suis en train d'écrire un film qui fait rencontrer le héros que j'ai créé et la bête du Gévaudan. Pour moi, la bête du Gévaudan c'est la « geekculture » française. On n'a pas de Superman nous. L'homme parfait qui passe par-dessus les buildings et qui détruit les méchants, ça c'est le fantasme américain. On peut se l'approprier mais c'est tout de même un fantasme de colons, de cow-boys. On a des trucs magnifiques chez nous : on a Belphégor, la légende du Gévaudan… des choses beaucoup plus européennes, plus austères et je suis sûr qu'on peut avoir notre « geekculture » aussi meilleure que les Ricains. Il faut simplement qu'on se fasse confiance, on a un patrimoine de dingue, simplement en lisant les histoires de notre pays !